Maminute.com / "Laissez-nous bosser !"
Finie la ritournelle de "Blanche neige et des sept nains" qui nous faisait sourire et nous rappelait parfois comme un encouragement enfantin que "Siffler en travaillant" donnait du baume au cœur. Ah la belle époque ...
Pourquoi ? Essayer donc aujourd'hui de vous rendre au travail et vous verrez que vous n'irez plus en sifflotant. Mais plutôt en suffoquant... ! Et ce n'est pas tout. La liste des activités diverses et salutaires est longue. Essayez donc d'étudier. De vous achalander. De faire des travaux. De vous déplacer en voiture. De vous restaurer. De faire des loisirs. De voyager. De se vêtir. De se loger... je continue ? La réalité n'en finit pas d'être un parcours du combattant : plus de mains d'œuvre, plus de service, matières premières en pénurie, essence qui flambe, vêtements hors de prix ou à contrario trop bas et suspects, batterie électrique inflammable, essence hors de prix... ça donne le tournis ! Il pourrait donc nous rester nos transports. Plus écologiques. Plus performants, bref une belle alternative de transport et pourtant... c'est tout le contraire.
Heureusement, une exception demeure, toujours la même : en toutes occasions, un seul secteur ne connaît pas la crise, le portefeuille ! Votre argent est toujours le bienvenu. Payer ses impôts. Payer un ticket de transport. Payer les charges. Payer l'addition. Payer pour les erreurs des autres. Pour cela, rien n'est un problème, il n'y a que des solutions : payez ! En face hélas, les services ne sont plus à la hauteur et peinent à l'entendre. Tout s'encrasse et finit par donner l'impression que quoique vous fassiez, il vous faut intégrer que tout ce que vous entreprenez, sera empêché. Et les transports en commun sont l'expression directe de cette réalité où le flux de plus en plus important ne semble être géré ni anticipé pire décrépir et rendre le quotidien très compliqué. Bref nous ne sifflons plus en allant travailler. Nous essayons juste d'essayer d'aller travailler la tête basse... Parce qu'il en faut du courage pour aller au boulot chaque matin quand vous savez que dès le début de la journée, il va falloir encaisser le moment du transport en commun. L'idée du " commun" est bien la, au-delà même de l'imaginable. Quant aux transports qui vous emmènent d'un point A au point B le plus rapidement possible ? Ça reste à démontrer ! Le comble !
Les milliers de personnes qui pratiquent le sport des transports, savent qu'ils sont plus des cibles et victimes que des voyageurs ou des clients. Dire que nous sommes en 2026 à l'heure de l'IA, qui de par sa technologie menace parfois des milliers d'emplois, on est certain ici qu'elle serait à contrario utile et meilleure !
Extraits véridiques d'un trajet, bien loin du prix élevé de votre abonnement hebdo ou mensuel : "chers voyageurs, à la suite d'un incident, le tarif est interrompu. Même ritournelle avec une panne. Des personnes sur la voie. Des intempéries. Des travaux sur la voie. La chute d'un cathéter. La visite de tel chef d'état. Un malaise voyageur. Un colis oublié. Et la déclinaison -quasi latine !- est riche. Chaque matin, c'est la mélodie qui vous attend et qui va déterminer si oui ou non vous serez à l'heure à votre boulot. Le tout, souvent entassés les uns sur les autres sans exception. Exit les rendez-vous professionnels ponctuels. Perso ou pro, la RATP met les points sur les "i" : vous serez en retard ! Vous arrivez donc transpirant ou tellement énervé qu'il vous faut redescendre urgemment pour ne pas perdre toute l'énergie en un claquement de doigt. Et ne vous en faites pas, lorsque ce soir, vous aurez terminé votre journée de boulot, le retour en transports vous attendra avec un sourire narquois. Ayez toujours un peu d'eau et un gâteau avec vous, vous n'êtes jamais sûr d'arriver pour le dîner. Que ce soit en métro ou dans les trains, la situation empire. Vous voilà au coeur d'une roulette russe à la taille de la ratp. Tous les jours, c'est la surprise.
Et puis, il y a celles et ceux qui étudient et qui chaque jour plutôt que penser à leur cours du jour ou à leurs leçons, courent pour contrer le retard d'un métro ou d'un RER. Ils subissent impuissants ce stress alors qu'à eux, étudiants ou élèves, on ne tolère aucune excuse "vous devez anticiper" aime-t-on fanfaronner sur les règlements internes des établissements scolaires. Anticiper avec la RATP ? La blague a de quoi faire rire mais prouve que la réalité n'est pas encore perçue... Le déni, encore le déni.
Et puis, quand il ne s'agit pas d'étudiants ni de personnes qui travaillent, il y a les personnes âgées , handicapées ou les femmes enceintes. Pas de places ni de civisme pour s'asseoir. Qu'on cesse de nous vendre des transports à la pointe avec des images de lapins cédant sa place ou offrant son siège... Rien ne marche et c'est de mal en pis. Escalators en panne. Bassines remplies d'eau au milieu des quais... Travailler bientôt relèvera du miracle. A moins d'habiter à côté de son lieu de travail. Mais même en vélo, le danger roule autour de vous. Difficile dans ce contexte de ne pas se dire : ne fait-on pas tout pour nous décourager ? Pour nous dégoûter d'aller au boulot ? D'étudier ? Pour nous forcer à télétravailler ? C'est à se questionner. Et si l'on aime son job, si l'on aime bosser ou ne serait-ce que profiter des transports pour des milliers de raisons, doit-on à ce payer de notre sueur quand pourtant on paie le trajet pour s'y rendre ?
Et le traffic routier ? Quid des embouteillages ? Du prix de l'essence ? Tout est un enfer sauf votre portefeuille et vos nerfs que l'on se complaît à titiller.
Mais ne rêvez pas, même lorsque vous partez un peu plus loin, voir si l'herbe est plus verte ailleurs, pour le boulot ou le plaisir, soyez sûrs que la fatalité est la même : oui vous paierez sans problème, non vous ne voyagerez pas sans accroc. Prenez l'avion, le train. Des retards en permanence, des vols annulés. Des trains bloqués. Des grèves surprise. Des plateaux-repas non livrés à temps. Un voyageur qui ne se présente pas dans l'avion mais qui a enregistré sa valise... une liste encore qui pointe l'endurance que doit avoir le voyageur mais dont on parle peu, en comparaison d'une revendication ou d'une grève de syndicats ! Evidemment, le voyageur, lui est condamné à payer et à se taire. Et s'il se rebelle, alors il plonge la tête la première dans les méandres de l'administration avec la foire aux questions ! Vous savez les fameuses FAQ ! Bon courage ! Par expérience, comptez dix appels étalés sur 7 mois...
Finalement, les réseaux de transports nous ont semblé se développer durant ces dernières décennies mais c'était un leurre. Un leurre... qui se résume à avoir récolté nos coordonnées personnelles pour recevoir des sms personnalisés nous indiquant un retard, une annulation. Rarement un vol à l'heure ! Et tout cela justifie un prix de plus en plus élevé ?!
Ponctualité zéro. De moins en moins d'agents. De moins en moins de conducteurs de trains. De plus en plus de défaillances. De travaux. De difficultés. Je n'ai pas besoin de chiffre. Je voyage très souvent et cela me suffit pour en tirer les conclusions. Prenez l'avion même en France, même sur une ligne régulière et française et vous constaterez la réalité. Le vol initial de 45 m' peut se transformer en une expérience éprouvante avec une attente de 3 h avant de prendre le vol qui lui-même finit par avoir 2h de retard. Vous pouvez prendre le train à l'heure mais vous y passerez probablement plus d'heures que ce qu'il était prévu. Et ne vous attendez pas à être restauré. La SNCF se rêve toute puissante et anticipe rarement les retards pourtant légions sur son réseau. Voilà ce que représente aujourd'hui la mobilité quotidienne : un enfer ! Arrêtons de nier et permettez enfin que l'on se meuve, à la hauteur de nos tickets de transports.
Oui, laisse-nous bosser, laissez-vous bouger ou sinon arrêtez définitivement de nous faire payer un service en deçà de ses moyens. Dans ce cas là, notre galère sera moins indigeste et éprouvante !
Barbara Delaroche
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