Maminute.com/ "La France ne peut être la France sans la grandeur*"
- barbaradelaroche
- il y a 2 heures
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Je viens d'acheter l'ouvrage passionnant de 816 pages de François Kersaudy sur "l'homme de guerre exceptionnel" Sir Winston Churchill, en ce jour mémorable du 8 mai 2026. Date commémorative de la fin de la seconde guerre mondiale ou plutôt de la capitulation de l’Allemagne il y 81 ans. Cela me rappelle que j'avais fini de lire - toujours par le plus grand des hasards - la volumineuse biographie sur de Gaulle par Jean-Luc Barré un... 24 août 2025 ! Jour de la libération de Paris 80 ans auparavant. Ce jour-là, moi aussi je revenais vers Paris, par le train, après plusieurs semaines d'absence. Je vivais ce retour vers la capitale d'une manière hautement singulière avec le cœur battant puisque calé au rythme de ma lecture haletante des dernières pages de cet ouvrage historique qui relatait l'arrivée mémorable du "connétable de France" à Paris sur les Champs-Elysées. Incroyable. En tous les cas, provoquant ce petit quelque chose qui fait que l'on a beau lire l'histoire du passé, quand soudain l'on y voit des réminiscences avec le présent, que ce soit des détails comme ici ou bien des événements plus importants, cela fait quelque chose. Cela nous interpelle. Penser à l'histoire. Penser au passé qui nous permet de vivre livre aujourd'hui. Penser à celles et ceux qui se sont engagés corps et âmes pour nous défendre, au risque de leur vie. Au prix parfois aussi de leur sort.
Je respecte ses dates quand elles nous poussent à nous rappeler des événements passés. Et révolus ? Oui révolus mais pas vides de sens ni inutilisés. Les événements passés doivent nous servir toujours de garde-fous, de rappels, de leçons dont on doit se servir. Il y a dans ces événements passés une lecture présente qui ne se fait pas. On se remémore ce qui a été mais on oublie comment c'est survenu. On peine à se rappeler les similitudes et les conséquences qui en découlent. On pense que le passé est le passé ! On le célèbre. On se remémore mais on ne fait pas vivre les leçons du passé ! Comme si tout appartenait à hier. Comme si rien ne pouvait en sortir aujourd'hui de guide sur lequel s'appuyer... Erreur pourtant ! Parfois et surtout en ce moment, l'histoire se répète avec d'autres visages et d'autres déclencheurs mais ne jamais se retourner pour y penser est une hérésie. Comprendre l'histoire pour ne pas répéter les erreurs devrait être une nécessité absolue ! Nous voilà aujourd'hui pris en étau entre le conflit en Ukraine, le conflit en Iran et après les événements du 7 octobre. Et la france dans tout cela, dans quel état est-elle ? Il y a de quoi vouloir réouvrir les livres d'histoire !
Pourtant, rares sont les parallèles, rares sont les analyses avec les temps passés. Pourquoi ? On apprend bien de ces erreurs et c'est justement abhorrant de voir que l'on reproduit les mêmes erreurs. On nous a pourtant à l'école bien rabâché certaines phrases dont on se souvient tous :plus jamais ça". Mais alors pourquoi l'histoire parfois se répète de façon évidente ?
Quel était l'état de la France fin des années 30? Comment était son parlement totalement obstrué et sa 4eme république absolument contre productive et fertile ? Comment étaient les croyances sur Hitler que certains ne pensaient pas si féroce et radicale sur les races ? Comment étaient la gauche et la droite qui s'invectivaient ? Comment étaient les forces militaires qui étaient dépouillés de moyens depuis la première guerre mondiale ? Comment étaient l'ambiance parlementaire ? Que pensait-on en Angleterre des Winston Churchill et des de Gaulle qui alertaient à tout rompre leur gouvernement respectifs sur la déferlante qui allait s'abattre sur l'Europe ? Pourquoi ne voulait-on pas les écouter et préférer les faire passer pour des hurluberlus un brin illuminés, un peu trop fantasmés au goût des initiés patentés, mais tellement prophétiques ?
Pourquoi étaient-ce les donneurs de leçon, les planqués, les généraux pétris de fausses certitudes et les adeptes d'"attendre". Plutôt que d'agir qui dirigeaient le pays et qui allaient le projeter dans les pires desseins ? Pourquoi les médias se taisaient et faisaient le jeu de ceux qui mentaient ? Pourquoi les crimes et les exactions commises et toujours aussi insoutenables des décennies après, ne sont pas restées une ligne rouge vif, infranchissable et non négociable ? Pour ne plus jamais revivre ou re entendre le moindre propos antisémite ? Pourquoi on ne punit pas ? Pourquoi les désaccords politiques finissent toujours pas produire le même désordre ? Pourquoi l'anticipation et l'ère visionnaire ne sont toujours pas l'apanage de ceux qui nous gouvernent ? Pourquoi le courage fait défaut au nom de l'électoralisme ? Pourquoi l'autorité ne fait pas foi ? Pourquoi les repères s'effondrent quand toute l'histoire nous rappelle les leçons et les fautes du passé ? Et l'on se demande pourquoi toutes les valeurs de l'école, du travail, de l'éducation, du savoir, du civisme, de la culture... s'effondrent ? Vraiment on se demande où on préfère de ne pas y répondre !
Pourquoi les livres d'histoire sont gommés de leur substantifique moelle ? Pourquoi les auteurs classiques ne sont plus étudiés ? Pourquoi la réflexion est partout empêchée ? Pourquoi l'éducation nationale dépiaute les programmes scolaires d'Histoire, de Français et validé des diplômes avec des fautes à chaque ligne ? Pourquoi la mémoire dite collective erre orpheline dans les moments décisifs ? Pourquoi les erreurs du passé se répètent sans que personne n'ose faire valoir haut et fort l'incurie ?
Résultat, de nos jours, on préfère regretter, se morfondre et se référer sans cesse aux grands hommes du passé et providentiels comme Clemenceau, Bonaparte, Vercingetorix et encore De Gaulle plutôt que de se faire soi-même confiance en étant ardemment, activement et concrètement les dignes héritiers de tous ceux-là ! Si tous ces hommes qui se disent par exemple gaullistes - on les entend beaucoup - se donnaient la main en agissant plutôt qu'en constatant, peut-être nous porterions
-nous bien mieux ? De Gaulle ne s'est-il pas fait tout seul lui qui disait que "On ne fait rien de grand sans de grands hommes, et ceux-ci le sont pour l’avoir voulu "? N'a t'il pas montré la voie à lui seul et envers contre tous ? Ces hommes et ces femmes - Jeanne d'arc citons la !- ont eu la clairvoyance de rassembler la nation au moment où elle traversait des périodes noires. Mais sait-on vraiment reconnaître la période de crise qui nous traverse ? Les commémorations du 8 mai 1945 devraient nous rappeler quelques faits inoubliables qui ont été la conséquence d'un gouvernement qui n'a pas voulu voir. D'un gouvernement qui a nié. Qui a menti. Qui a préféré rassurer plutôt que de dire vraiment et donc qui n' a pas réagi. Préférant faire taire le militaire De Gaulle contraint de s'enfuir à Londres pour continuer à agir, et inciter la résistance intérieure et les forces françaises libres à se lever, dans un célèbre message radiophonique du 18 juin 1940. Mais à quel prix ! Pour rappel, la France qui a a commencé la guerre par une défaite en sortira victorieuse grâce à l'alliance outre-atlantique qui réunit De Gaulle, Churchill, Roosevelt.
Mais pour ne pas oublier, rappelons quelques faits historiques durant cette seconde guerre mondiale :
40 à 60 millions de victimes, soit presque 5 fois plus que la 1ere guerre mondiale. Soit 2,5% de la population mondiale de l'époque.
6 millions de chevaux morts pour la France
Le montant de la reconstruction s'élève à 4 milliards900 millions de francs. 300 000 bâtiments d’habitation sont entièrement détruits
Sont notamment détruites en totalité ou en partie les villes de Brest, Caen, Épinal, Le Havre, Lorient, Saint-dié-des-Vosges, Evreux, Saint-Nazaire, Sainr-Lô, Rouen, Saint-Malo
Après la capitulation allemande du 8 mai 1945, le rationnement est maintenu : en France, 200 g de pain par jour et moins de 200 g de viande par semaine
En 1945, près d'un million de ménages (sur un peu plus de 12,5 millions de ménages que comptait alors la France métropolitaine) se trouvent sans abri
2 100 000 bâtiments ont été endommagés en France métropolitaine pendant la guerre (contre moins d'un million pendant la Première guerre mondiale),dont 462 000 totalement détruits
La Commission consultative des dommages et des réparations (CCDR) a évalué à 175 milliards de francs 1938 la valeur des immeubles détruits (110 milliards de destructions immobilières et 65 milliards de destructions mobilières)
Pour ce qui concerne les routes, 8 793 ponts routiers, 7 165 km de routes nationales et 50 000 km de routes départementales et vicinales sont hors d'état. 105 000 autobus, cars et camions (40 % du parc d'avant-guerre) et 645 000 voitures particulières et camionnettes (31 % du parc d'avant-guerre) ont été détruits
Les voies navigables sont pour la plupart hors d'état de fonctionner : 88 % des rivières et 83,5 % des canaux sont impraticables
L'industrie et le commerce ont subi des dommages évalués à 265 milliards de francs 1938. 153 milliards de spoliations entrent dans cette évaluation. Les Allemands ont en effet prélevé des matières premières (60 % des textiles, 55 % des cuirs, 62 % du bois d'œuvre notamment), des produits finis et du matériel industriel
L'agriculture a aussi subi de nombreux dommages. 135 000 bâtiments agricoles sont détruits, 410 000 endommagés. Les terres ont été bouleversées par les bombardements, les mines, les constructions d'ouvrages militaires et le passage des armées. 13 920 hectares sont inondés par l'eau douce, 11 200 par l'eau salée
Et j'en passe... Comment oublier ? Comment ne se pas se souvenir pour ne pas reproduire les mêmes erreurs ? Pour ne pas tout faire pour éviter le chemin périlleux ? Pour ne pas se rappeler que certaines attitudes, certains laxismes, certaines concessions du pouvoir peuvent s'avérer aussi périlleuses que fatales ?
À l'heure et jour de ce 8 mai 1945,
comme le disait Charles de Gaulle
"Soyons fermes, purs et fidèles ; au bout de nos peines, il y a la plus grande gloire du monde, celle des hommes qui n'ont pas cédé ". Ou encore :
"Ce qu’il faut surtout pour la paix, c’est la compréhension des peuples. Les régimes, nous savons ce que c’est : des choses qui passent. Mais les peuples ne passent pas".
Quant à Churchill, rendons grâce en ce jour commémoratif, à ce "Lion" militaire d'un autre temps, ce stratège hautement visionnaire et clairvoyant quant à la guerre, aussi libre que courageux disant toujours très fort ce qu'il pensait, à revers de la bien pensance politique et avec un flair hors pair. Un infatigable soutien qui n'a eu de cesse de vouloir combattre le nazisme et libérer l'Europe et la France de toutes les horreurs : "Il est meilleur d'être irresponsable et dans le vrai que responsable et dans l'erreur".
Ou encore :
"La responsabilité est le prix à payer du succès".
Que ces leçons, ces réflexions soient plus que jamais transmises , rappelées et répétées, en ce jeudi 8 mai 2026.
Barbara Delaroche
*Citation de Charles de Gaulle
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