Maminute.com/ "L'été meurtrier et la solidarité comme unique pare-feu"
Dernière mise à jour : 17 août
La France brûle mais elle, elle panse les âmes mieux que quiconque. Elle adoucit quand d'autres tétanisent avec leur "cri d'alarme" ou leur "visage interdit". Elle agit,, elle infuse et n'a de sens que si elle est portée par plusieurs qui ont décidé d'agir sans attendre : la solidarité. La solidarité n'a jamais autant pallier à tout. C'est notre boussole et notre réponse unanime à l'impuissance des responsables politiques. Mais depuis quelques temps, elle est sollicitée à corps et à cri, partout, tout le temps et en urgence pour solutionner et couvrir les carences des responsables dépassés par l'été meurtrier. Dépassés d'ailleurs par les étés précédents qui n'ont servi à aucune leçon ! .Alors on en appelle à la pluie pour les incendies et à la solidarité nationale pour le quotidien. En tout et pour toutes choses. C'est inquiétant que les services publics, le gouvernement et les responsables des politiques publiques comptent sur elle plus que sur leurs propres décisions ! Est-ce à dire que les décisions prises n'ont pas été bonnes ? Je vous laisse juger avec cet embrasement d'un pays qui a très chaud et qui se sent très dangereusement exposé. Deux tiers du pays est en alerte incendies avec plus de 70 départements en alerte canicule (source RTL). Et toujours pas d'anticipation depuis le mois de mai où une vague de chaleur a déferlé sur nos terres ? Mais alors tout ça pour ça à chaque fois ? Covid : pas de masques. Canicule : pas assez de ventilateurs disponibles et prévus. Incendies : pas assez de moyens et de Canadair prévus. Sécheresse : coupure d'eau, 40 000 personnes rationnées pour cause de pénurie*, pas d'eau stockée... et j'en passe. Mais être contraints de plonger malgré nous dans cet enfer estival et de faire appel sans cesse à la solidarité sans que les intéressés et responsables, eux, ne soient concernés : c'est aberrant Évidemment pas besoin de paperasse pour faire appel à l'entraide nationale, ni de circulaires, ou de tampons administratifs. Non. La solidarité naît et réapparaît partout en France. Partout où les personnes sont directement et indirectement menacées. Que de scènes marquantes où jeunes et moins jeunes improvisent des solutions (qui marchent forcément mieux l'immobilisme étatique), proposent leurs aides, mettent à disposition leurs piscines, leurs réserves d'eau stockées, leurs citernes, tracteurs, matériels.... que d'images partout de solidarité qui font toujours chaud au cœur. Mais à l'inverse qui soulignent cette réalité : qu'ont-ils fait ? Ou plutôt que n'ont-ils pas fait ? Pour en arriver à ces scènes de chaos et de forêts carbonisées ? Ras le bol d'attendre un sursaut gouvernemental qui n'est jamais là. Qui agit après la bataille mais jamais avant ou pendant. Ras le bol de la psychologie de pacotille qui se meurt plutôt que de prendre des décisions efficaces et immédiates ! Encore et toujours la solidarité comme seule alternative qui devient d'ailleurs l'unique réponse face à un désastre d'une ampleur nationale. En ville, dans les campagnes, au cœur des montagnes et les forêts, c'est la seule qui finalement aura été efficace et réactive. Les habitants pour défendre leurs régions, ont fait preuve d'inventivité extraordinaire, d'actions conjuguées, pour sauver leurs terres et ont réussi parfois à éteindre les brasiers. Quelle leçon pour les responsables "irresponsables".
En effet, durant ce temps-là, tout s'écroule été comme hiver. Les hôpitaux. L'agriculture. L'éducation nationale. L'emploi. Les talents. Le civisme. Le manque absolu d'anticipation. L'absence de vision à court et moyen terme. Canicules en été. Trop d'eau en hiver et sécheresse en été. La géothermie toujours pas explorée à juste titre et donc pas de solutions apportées et viables. Aucune leçon tirée. Administrations débordées et qui courent sans tête dans tous les sens, sauf dans la bonne direction. Pompiers harassés, "soldats du feu"véritablement héroïques mais qui refusent d'être qualifiés de la sorte de "écœurés par les responsables politiques" ! C'est dire !Et c'est grave. Ils sont des héros en colère : Recrutement, hausse des moyens financiers, meilleure prise en compte des risques professionnels sur leur santé.... tout est à revoir et rien ne bouge. En face, en haut de l'échelle politique, on "prie" pour qu'il pleuve... espérant cacher la misère de la réalité que tout le monde connaît'. La France brûle au sens propre et figuré. Aucune leçon tirée des années précédentes, des décennies passées.
Un proverbe latin dit "L'erreur est humaine, persévérer est diabolique. Tout est dit.
L'été est meurtrier mais l'hiver l'a été aussi : entreprises en berne, commerces et artisans à bout, agriculteurs exsangues, policiers à cran, médecins et infirmières abandonnés, profs déprimants, Mercosur tout-puissant, niveau scolaire déplorable, réseaux sociaux comme un fléau national, lecture et réflexion qui se meurent en silence , apprentissage caduque, diplômes scolaires sans grande valeur, justice injuste et inéquitable, violences sexuelles, aide à mourir votée à tout prix... à tout ce livre d'horreurs s'ajoute encore un grief de poids avec cet été meurtrier, où tout flambe. Mais
où sont les écologistes pour se confesser et avouer leurs hérésies ? Où sont ceux pour dénoncer haut et fort leurs idéologies fantasmagoriques désormais visibles avec ces hectares ravagés, cette faune et cette flore carbonisées ? Et tous ces animaux sacrifiés, dont l''emblématique" crapaud qu'il ne fallait pas il y a encore quelques semaines déloger? C'est comme une des innombrables morales des fables de La fontaine dont on connait hélas, de moins en moins- par cœur les poésies mais dont on devrait se rappeler quelques morales toujours aussi modernes et clairvoyantes. Comme celle des "Loups et les Brebis" :
"Nous pouvons conclure de là
Qu'il faut faire aux méchants guerre continuelle.
La paix est fort bonne de soi :
J'en conviens ; mais de quoi sert-elle
Avec des ennemis sans foi?"
L'été fut terrible, apocalyptique et diablement meurtrier en raison de l'inaction absolue de la France qui gouverne. Sans aucune autre forme de procès... Cet été de tous les dangers n'a pas fini de se consumer et continuera de brûler dans les esprits jusqu'aux présidentielles de 2027, coûte que coûte.
Barbara Delaroche
*Le Parisien, 13/08/26
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