Maminute.com/ "Une jeune vie hors de prix"
- barbaradelaroche
- 12 juin
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 14 juin
Une vie volée. Une vie donnée en pâture à la mort qui n'avait rien demandé. Une vie d’enfant arrachée et sauvagement bradée. Une vie perdue à jamais.
Une vie étouffée. Une existence innocente réduite à jamais à un silence mortel. Fatall'et injuste. Une vie jetée au vent comme un vulgaire déchet. Arrêter les horloges. Inhumanité insupportable. Arrêter la brise trop douce. Horreur Indicible. Intolérable.. inimaginable et insoutenable. Une vie qui ne prendra jamais plus de l’âge et qui ne vieillira pas. Une vie étêtée à l’âge où tout « normalement » n’est que rire, joie, petits chagrins parfois, grands bonheurs souvent, espièglerie, rêves en grand, vie devant…
Non. Finis à jamais le rire, la douceur, les câlins.. Fini le temps d'exister, d'être. Exit le temps même de la réflexion pour saisir le miracle de sa propre vie sur terre. Se faire prendre la vie avant d’avoir pu même la croquer à pleines dents et de grandir pour la façonner, en gardant intact ce goût sucré de l’enfance comme un éden éternel.
Une vie assassinée. Et avec elle, l’innocence sacrifiée qui s’envole, l’insouciance défigurée, la magie enfantine enterrée à jamais. La légèreté de l’être ensauvagée, entâchée. Stupeurs et tremblements. La candeur ignorée et crachée à la face du monde qui reste ko jour après jour. Une enfant à jamais et pour l’éternité plongée dans le couloir abyssal de la mort. Injustice. Sacrifice. La minute de silence ne suffit pas. Perdre une vie, une vie d'enfant, c'est toute la nation qui devrait être vent debout. Le silence attendra. Ne pas se résigner. Ne pas jouer le jeu de la mort. Agiter et remuer terre et hommes pour faire taire la barbarie. Pour éradiquer le mal. Pour permettre un jour de penser à cette vie avec honneur et responsabilité.
Une vie pure arrachée et projetée dans la barbarie. Qui ne sait pas ce que vaut une vie ?
Une vie n’a pas de prix. Une vie est unique, précieuse et incommensurable. Inestimable. Une existence c’est un miracle éveillé. Respirer, vivre, courir, chanter, danser, aimer, rêver,, buller, dormir, se réveiller, jouer, croire, vibrer, avoir foi, découvrir, pédaler à vélo, courir dans les champs, cueillir des fleurs sauvage, compter les pétales des paquerettes, célébrer sa maman en juin, fêter son papa un mois après, papoter, avoir des fou rires, faire des bêtises, manger du chocolat, acheter des bonbons qui piquent, piquer les talons de sa maman, se déguiser, décorer le sapin de Noel, ouvrir les cadeaux, faire les cadeaux, faire sa liste de Noel, croire en la vie éternelle, chercher les œufs de Pâques dans le jardin, attendre avec impatience les grandes vacances, retrouver les amis le jour de la rentrée, vouloir être avec sa meilleure amie dans la même classe, hurler quand on se retrouve dans la cour de recré, lire des heures, discuter, se balader, nager, écouter les oiseaux chanter, respirer le printemps qui arrive, se blottir au chaud devant un feu quand c’est l’hiver, regarder allongée dans l’herbe les nuages dans le ciel, leur trouver des formes étrangers et insensées d’animaux, arracher une fleur et la mettre à la bouche, siffloter, avoir peur en écoutant les orages mais adorer aussi les éclairs dans le ciel, aimer les orages gronder avec la pluie qui bat très fort et être bien blotti dans son lit, sortit sous la pluie, sauter dans les flaques, acheter un goûter après une dure journée de labeur à l’école, rentrer chez soi et retrouver son univers, ses frères, ses soeurs, ses parents, sa chambre, ses doudous, ses livres, son jardin, son refuge. Sa maison, Petite ou grande, c’est chez soi. Comme un cocon. Un paradis sur terre.
C’est tout cela une vie qui s'éteint à contre courant. Qui peut oser faucher volontairement une telle vie ? Qui peut oser porter la main pour briser l’innocence ?
Il faut toute une vie pour apprendre à vivre disait Sénèque. Que dire ? Non, quand on est enfant, on vit pleinement. C’est en grandissant que l’on se pose bien trop de questions sur l'existence. Les deux jours les plus importants disait Mark Twain de notre vie c’est ke jour de notre naissance et le jour où vous décourvrez pourquoi. Qui ? Qui à part un monstre ?
Nous aimons notre enfance écrivait Elier Wiesel, nous y revenons, nous la jugeons elle nous juge. Ici, cette petite fille que la France enterre et pleure aujourd’hui, c’est le symbole le plus fort de la vie sur terre qui est arraché. À l'heure où l'on fait des miracles pour vivre plus longtemps voire centenaire. Une vie si jeune assassinee n'est pas supportable. Si aucune condamnation ne rendra le souffle à cette petite fille, notre devoir à nous sur terre est de ne pas se taire. Chacun a sa voix. Chacun a son rôle. Il faut que justice soit faite Et que le la mémoire collective se rappelle san s cesse que la vie est le bien le plus précieux de l'univers. Imaginez quand elle est jeune et innocente. A tous ces titres, elle est hors de prix.
Barbara Delaroche
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