Maminute.com/ "Une jeune vie hors de prix"
- barbaradelaroche
- il y a 5 heures
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Une vie volée. Une vie donnée en pâture à la mort qui n'avait rien demandé. Une vie d’enfant arrachée. Une vie perdue à jamais.
Une vie étouffée. Une existence innocente réduite à jamais à un silence mortel. Fatall'et injuste. Une vie jetée comme un vulgaire détritus au vent. Comme une poubelle sans corps et sans âme. .Horreur Indicible. Intolérable.. inimaginable et insoutenable. Une vie qui ne prendra jamais plus de l’âge et qui ne vieillira pas. Une vie étêtée à l’âge où tout « normalement » n’est que rire, joie, petits chagrins parfois, grands bonheurs souvent, espièglerie, rêves en grand, vie devant…
Non. Finis à jamais le rire, la douceur, les câlins.. Fini le temps de vivre et le temps même de la réflexion pour saisir le miracle de sa propre existence sur terre. Ne plus vivre malgré tout son moi qui crie à la détresse et son surmoi qui n'y croit pas. Se faire prendre la vie avant d’avoir pu même la croquer à pleines dents et de grandir pour la façonner, en gardant intact ce goût sucré de l’enfance comme un éden éternel.
Une vie assassinée. Et avec elle, l’innocence sacrifiée qui s’envole, l’insouciance défigurée, la magie enfantine enterrée à jamais. La légèreté de l’être ensauvagée, entâchée. La candeur ignorée et crachée à la face du monde. Une enfant à jamais et pour l’éternité plongée dans le couloir abyssal de la mort.
Une vie pure arrachée et projetée dans la barbarie. Qui ne sait pas ce que vaut une vie ?
Une vie n’a pas de prix. Une vie est unique, précieuse et incommensurable. Inestimable. Une vie c’est un miracle éveillé. Respirer, vivre, courir, chanter, danser, aimer, rêver,, buller, dormir, se réveiller, jouer, croire, vibrer, avoir foi, découvrir, pédaler à vélo, courir dans les champs, cueillir des fleurs sauvage, compter les pétales des paquerettes, célébrer sa maman en juin, fêter son papa un mois après, papoter, avoir des fou rires, faire des bêtises, manger du chocolat, acheter des bonbons qui piquent, piquer les talons de sa maman, se déguiser, décorer le sapin de Noel, ouvrir les cadeaux, faire les cadeaux, faire sa liste de Noel, croire en la vie éternelle, chercher les œufs de Pâques dans le jardin, attendre avec impatience les grandes vacances, retrouver les amis le jour de la rentrée, vouloir être avec sa meilleure amie dans la même classe, hurler quand on se retrouve dans la cour de recré, lire des heures, discuter, se balader, nager, écouter les oiseaux chanter, respirer le printemps qui arrive, se blottir au chaud devant un feu quand c’est l’hiver, regarder allongée dans l’herbe les nuages dans le ciel, leur trouver des formes étrangers et insensées d’animaux, arracher une fleur et la mettre à la bouche, siffloter, avoir peur en écoutant les orages mais adorer aussi les éclairs dans le ciel, aimer les orages gronder avec la pluie qui bat très fort et être bien blotti dans son lit, sortit sous la pluie, sauter dans les flaques, acheter un goûter après une dure journée de labeur à l’école, rentrer chez soi et retrouver son univers, ses frères, ses soeurs, ses parents, sa chambre, ses doudous, ses livres, son jardin, son refuge. Sa maison, Petite ou grande, c’est chez soi. Comme un cocon. Un paradis sur terre.
C’est tout cela une vie qui s’arrête de vivre.
Qui peut oser éteindre une telle vie ? Qui peut toucher çà cet hymne de l’innocence ?
Il faut toute une vie pour apprendre à vivre disait Sénèque. Que dire ? Non, quand on est enfant, on vit pleinement. C’est en grandissant que l’on se pose bien trop de questions sur l'existence.
Les deux jours les plus importants disait Mark Twain de notre vie c’est ke jour de notre naissance et le jour où vous décourvrez poruquoi.
Qui ? Qui à part un monstre peut décider d’enlever une vie aussi précieuse qu’une vie d’enfant ?
Nous aimons notre enfance écrivait Elier Wiesel, nous y revenons, nous la jugeons elle nous juge. Ici, cette petite fille que la France enterre et pleure aujourd’hui, c’est la vie qui est arrachée.
La vie brisée. La vie spoliée. La vie défigurée.
La vie est un miracle. L’ôter est le pire des actes. Et aucune condamnation ne rendra le souffle à cette vie pour l’éternité tuée.
Barbara Delaroche
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