Maminute.com / " Pénurie de grands hommes"
- barbaradelaroche
- il y a 5 jours
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Dernière mise à jour : il y a 3 jours
À longueur de journée, d'interview, de débat, de réponse, de tribune, de papier de fonds, d'enquête... la même ritournelle. La même rhétorique inquiétante et obsessionnelle. Où sont passés les grands hommes ? Les grandes personnalités aux grands destins ? Les Charles De Gaulle, Winston Spencer Churchill, Henry Kissinger, André Malraux, Joseph Kessel, Simone Veil, Olympe de Gouges, Antoine Saint-Exupéry, Jacques Prévert, Ernest Renan, Marc Aurele, Hemingway, Jean d'Ormesson, Jean Moulin, Georges Pompidou, mais aussi Molière, Pierre Corneille, Jean-Baptiste Colbert, Gustave Eiffel, Georges-Eugène Haussmann, Davy Crockett, Charlie Chaplin, Marie Curie, Sarah Bernardt, Buster Keaton, Edith Piaf, Jacques Brel, Elvis Presley, Jules Ferry, Napoléon, Thomas Jefferson... et tant d'autres ! Pourquoi nous sentons-nous si orphelins, quasi abandonnés, esseulés, sans "guide" et en quête aussi désespérée que permanente de figures fortes dans notre quotidien pour continuer d'avancer dans l'histoire ? Nous sommes perdus. C'est un fait. Les plus anciens d'entre nous vivent avec des fondamentaux qui s'effacent sous leurs yeux impuissants. Les plus jeunes d'entre nous toujours apprennent en dilettante, donc avec un dixième à peine de ces fondamentaux qu'ils jugent peu ou prou utiles, sauf si leurs parents combattants-résistants-gardiens de l'apprentissage, leur soulignent l'importante absolue d'avoir une culture générale ! Entre les deux, c'est l'enfer. Il y a les donneurs de leçons qui font croire sur les plateaux télé qu'ils savent mais une fois hors cadre, qui font le contraire. Et il y a tous les autres, les ignares, les incultes, les faux rebelles, les faux vents debout, les faux gentils, les faux sauveurs, les faux agitateurs et agités, les beaux parleurs, les ennemis de la démocratie, de la beauté du monde ... qui s'insurgent à la moindre occasion - c'est là leur seule pâture - et qui ont fait de leur carences intellectuelles, étroitesse d'esprit, soif de reconnaissance, ivresse de pouvoir et de revanche, pauvreté humaine et psychologique, la lie de leur fausse bonne conscience et engagement, au nom d'une pseudo éthique. "Éthique", un concept, une science, une morale qu'ils ignorent puisqu'ils mentent éhontément et se persuadent du contraire. Pauvres
Prêcheurs !
Et tout ce monde-là s'écoute parler. Avancent sans cap et sans boussole, qu'importe : partout où ils sont invités, ils vont. Et quand on leur demande : mais alors pourquoi ce qu'ils disent n'agit pas efficacement ? Ils feignent d'accuser les morts illustres pour justifier leur vision. Et les journalistes eux-mêmes alors se mettent à regretter les morts, les héros morts depuis longtemps. Que dire ? Tout est faux. Oui tout est faux. Non pas la grandeur de ces femmes et hommes qui ne sont plus. Mais la grandeur de leurs esprits qui les habitaient et qui les avaient façonnés. La grandeur et le sens critique qui les caractérisaient. La hauteur de vue et la vision à long terme qu'ils avaient de notre patrie, de nos traditions, de notre langue française. Des arts et des lettres. De l'histoire, de l'humanité, de la guerre, des hommes, des femmes, de la France ! Où sont-ils ces braves esprits qui fleurissaient sur notre pays et qui, à force pour certains de se battre contre une destinée qui paraissait d'emblée condamnée, se révélaient tels des lions et lionnes sortant de cage, bravant tous les pièges tendus menant inexorablement à un triste destin, pour s'affranchir de tout et devenir des figures illustres ? De Gaulle qui s'exile en Angleterre en juin 1940 et lance l'appel du 18 juin pour organiser le combat face à l'Allemagne nazie avant d'offrir un Paris "outragé mais libéré" des années plus tard; Churchill conspué à maintes reprises pour son sens inné de la guerre que l'on préfère faire taire par jalousie quitte à perdre beaucoup d'hommes, de vies et de temps, pour finalement le rappeler in extremis et constater la puissance du fin et exceptionnel stratège de guerre. Et que dire encore de ces autres encore cités plus haut ... que nous n'avons plus. Même plus une pâle figure. Et que nous regrettons à chaque seconde. Oui à chaque seconde où aujourd'hui, la bêtise, l'égocentrisme, le manque cruel de bon sens, l'incurie ou le manque de hauteur nous poussent dans des bras qui font peur et inconnus. Vides de sens. Vides d'espoir. Vides de messages. Et pendant ce temps-là, le monde change, mute, se perd de vue et avance à toute allure. L'IA débarque et révolutionne tout sans solutionner l'inculture qui s'étend. On n'apprend plus rien puisque plus rien n'est impossible pour chat gpt. Les livres sont sacrifiés au nom de tous les maux possibles. Les auteurs ne vendent plus. Le papier est de plus en plus cher. Pourquoi d'ailleurs ? La faute à l'écologie punitive ? L'éducation est mise au banc. Les manuels scolaires sont dépecés. (Napoléon ne tient plus qu'en trois lignes dans les livres d'histoire. Les enfants ne jouent plus à cache cache mais scrollent ahuris assis les uns à côté des autres. Les parents affichent des temps illimités d'utilisation d'écran et mettent leurs enfants chez le psy. L'obésité augmente à grands pas. Les grands-parents font leur crise d'ado et ne pensent qu'à eux, quand d'autres sont aux ordres des parents désarçonnés. Et les adolescents eux-mêmes se battent pour garder intacts leurs rêves d'enfant et espoirs quand leurs propres amis préfèrent devenir des décérébrés.
Quant aux vraies héros qui existent encore, on n'en veut pas. On n'en veut plus car on ne sait même plus les reconnaître !!! On ne veut plus savoir. On ne veut plus écouter. On ne veut plus comprendre et anticiper. Ou qui sait, on n'a jamais reconnu en leur temps ou du moins très tardivement les grands hommes ? Molière est mort presque dans la misère, idem pour Van Gogh, Henri III, Cyrano de bergerac, Mozart, Edgar Allan Poe, Stendhal, Rimbaud... et tant d'autres encore !
Les grands hommes sont là pourtant tout près parfois. En a t on jamais voulu au bon moment ? Je me demande, au regard de l'histoire qui semble se répéter inlassablement, pourquoi la grandeur fait peur ? L'image renvoyée doit être insupportable a regarder... Pour les mauvais, les assoiffés de pouvoir, les jaloux, les aigris et frustrés, les revanchards, les dépités. Les lâches, cupides, vils, calculateurs, manipulateurs, pleutres, voraces,imbéciles, idiots... bref cela en fait du monde !
Mais ils sont rares et précieux celles et ceux qui pensent "grand"... et moi j'ai l'honneur d'avoir à mes côtés, un de ces grands hommes là. J'en ai la certitude. Capable d'anticiper, doté d'une clairvoyance instantanée du présent et de l'avenir. Doué d'une intelligence de situation, de terrain, de mots, d'images et d'une perspicacité redoutable. Rehaussée d'une sagacité et d'un instinct à fleur de peau quasi animal, avec une puissance d'observation, une culture inextinguible, et surtout, surtout, LA qualité qui fait souvent la grandeur de l'homme : une mémoire spectaculaire, phénoménale et saisissante. Une mémoire en ébullition qui intègre, recoupe, et croise les informations, pour livrer justement une vision visionnaire. Quelle fierté immense de l'avoir épousé. Que cela soit écrit, dit et répété sine fine et à jamais. Les grands hommes sont encore en vie !
Barbara Delaroche
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