
Je me baladais sur l'avenue
Le coeur heureux, pas superflu,
J'avais envie de respirer Paris
Et ses Champs-Elysées !
Des visiteurs comme une mêlée,
300 000 pieds... ça fait de l'effet !
Moi, qui suis à côté, il était temps
De revoir cette belle avenue en aparté !
Aux Champs-Élysées
Aux Champs-Élysées
Au soleil, sous la pluie
À midi ou à minuit
Il y a tout ce que vous voulez
Aux Champs-Élysées
Mais rapidement quelle foule inquiétante,
Ça mange mal, ça braille, ça raquette insolente,
Comme un pantin désarticulé
Qui engloutit tout sur ce passage pavé,
Exit les boutiques qui faisaient la renommée,
Les Virgin Megastore, disquaire idolâtré,
Envolés les écrits de Marcel Proust et Marie de Médicis
Vantant leurs belles promenades de Paris ,
Et que dire de De Gaulle qui a foulé ton allée
A l'heure de la Libération, devant la foule libérée !
Envolé Joe Dassin chantant à tue-tête,
et pour toujours, la plus belle avenue en fête !
Junk food, boutique Disney… Élysées revenez sur le champ !
Heureusement Ladurée et ses macarons ont résisté !
Un peu plus haut trône toujours le Fouquet’s,
Vieux de plus d’un siècle à peine fatigué,
Mais depuis le bas avec le pavillon de l’Arsenal…
L'Arc de triomphe a du mal !
Du mal à se frayer une vue royale au milieu de ce marasme banal.
Comme au temps des marécages
Avant que Le Nôtre n'en fasse une voie royale !
Des gens sous perfusion de sucre et de gras
Débraillés, mal élevés, en surpoids.
Sur le trône : des enseignes de sport, de ville
Où tout se fabrique en Chine.
Mes champs-Elysées, où êtes-vous ?
Aux Champs-Élysées
Aux Champs-Élysées
Au soleil, sous la pluie
À midi ou à minuit
Il n’y a plus ce que vous voulez
Aux Champs-Élysées
Même sur tes larges trottoirs,
On ne marche plus, il faut voir !
Trop de monde, ça détonne,
Champs Elysées, on dirait Chinatown !
Champs-Elysées on ne voit même plus tes pavés !
Champs Elysées partout sur toi des travaux entiers
Champs Elysées où est partie ta beauté qui faisait plier le monde entier ?
Je ne te reconnais plus et je ne peux même plus chanter ce qu’avant
Joe Dassin avait si bien résumé, insouciant.
Aux Champs-Elysées, aux Champs-Elysées
Au soleil, sous la pluie, à midi ou à minuit
Il n'y a plus ce que vous voulez aux Champs-Elysées.
Oh… pauvres Champs-Elysées !
Pauvres parisiens effarés.
Barbara Delaroche
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