
Public ou privé, le challenge est de taille. Mais la finalité et l’enjeu restent les mêmes : apprendre, s’enrichir, travailler, performer pour réussir et s’épanouir dans son présent et son avenir.
Une belle promesse républicaine. Mais la réalité est toute autre. Fini le temps où les enfants allaient et venaient de l’école quelle qu’elle soit. Le cœur léger et la tête pleine de nouveaux savoirs. D’auteurs étudiés. De règles de grammaires apprises. De latin et de mythologies. De cartes du monde dessinées. De fleuves appris. De départements appris par cœur. De poésies récitées avec cœur. De cours d’histoire passionnants et éclairants. Et j’en passe !. Aujourd’hui, plus de cap. Le public est un désastre. Plus d’autorité et un laissez aller au profit des plus médiocres au détriment des bons éléments qui se battent doublement. Excepté deux ou trois établissements renommés. Le privé : un sacerdoce. Un engagement quasi a la cadence ce d’une marche militaire où le travail n’en finit pas de ruisseler sur les élèves dès le primaire. Arrivé le collège, c’est un tunnel de devoirs qui trouve son apogée dans le secondaire. Vacances ou pas, l’agenda est le même : travail, travail et devoirs. Mais attention, ne demandez surtout pas aux professeurs d’être dérangés pendant leurs vacances : ils se reposent eux ! À croire que la pénurie de professeurs a déteint sur les plus valeureux qui ont pour certains baissé les bras. Comptez sur eux pour abreuver vos enfants d’exposés au timing inédits (10-15 mn, sur un thème quasi vague, sans précision). A raison de 30 élèves, et de deux cours par semaine, ils peuvent espérer passer plusieurs semaines sans faire cours. Un procédé à la mode qui se refile dans plusieurs matières : des exposés en anglais, en espagnol, en français, en histoire, en svt, en technologie, et meme en maths (jusqu’à Archimede !). Car le hic c’est bien cela. Parler à l’oral oui, faire des exposés oui. Mais ne faire que ça, non. Il n’y a plus de cours. Plus de trame. Plus de programmes ? Plus d’études de textes ni de livres. Juste des QCM sur l’auteur et hop on enchaine sur un autre ouvrage à lire (toujours pas en classe) pendant les vacances scolaires qui n’en sont plus ni pour les élèves ni pour les parents qui doivent envisager les vacances avec des valises… de devoirs !

Oui car le scoop c’est que les parents sont devenus les nouveaux enseignants ils sont invisibles mais ils sont là. Ils veillent sur leurs enfants dont l’école n’a plus de cap et dérive dans des méandres de devoirs à gogo.
On ne corrige plus en classe un devoir écrit, c’est l’élève qui corrige chez lui seul (et qui pose donc les questions à ses parents). Concept ! On ne lit plus en classe, c’est l’élève qui lit chez lui et les parents qui éveillent l’enfant à l’ouvrage quand celui-ci est un peu ardu ou quand l’auteur est inconnu. On n’apprend pas à faire une dissertation, on donne une trame de ce qu’il faut faire et on enchaîne direct avec une interro pour disserter. Tant pis pour le râteau… Les coefficients aussi ont changé. On va du 0,1 au coefficient 3 pour un devoir. Tant pis si l’élève a eu une bonne note
Coeff 0,1 et une note mauvaise coefficient 3. C’est la mode : l’école n’a plus de notes (ou le professeur ne veut plus se fatiguer à corriger les devoirs ?) donc on met des coefficients hauts pour faire des effets de style ! On n’apprend plus à comprendre les mathématiques, à ce que cela soit ludique ou pédagogique. Non. On matraque de formules et on déferle des milliers d’exercices auxquels on donne juste un corrigé. On n’apprend pas l’anglais en donnant du vocabulaire, ou via la grammaire détaillée. On apprend tout et son possible sur Halloween, sur la conquête de ouest, sur l’Irlande, le royaume uni… et on demande d’écouter la BBC. Entre les deux, c’est le vide abyssal. Les parents se mettent alors aussi à mettre les films en anglais pour « exercer l’oreille » de leur leurs enfants puisqu’il paraît que ça marche ! En face, les profs semblent être à bout de souffle. Retards, arrêts maladie, copies corrigés pas avant un mois voire plus, exposés à gogo, devoirs à rendre non relevés, mine grisaille, grosse fatigue… mais vacances incompressibles bien respectées !
On frise l’apoplexie. Le bon sens. Public ou privé, l’un est une récréation et l’autre une réplétion du baccalauréat avant l’heure ! Et ce, dès lan6e ! Ce sont les parents qui tiennent (ou pas) la baraque. Ceux qui ne la tiennent pas ont des enfants dont ils ignorent presque tout. Les autres s’investissent au nom de leurs enfants, dont ils constatent la charge mentale et ce défi titanesque qu’on leur demande. Travailler d’accord mais gravir l’Everest chaque semaine… c’est trop. Les week-ends sont des tunnels de devoirs. Les semaines des marathons. Les vacances des séminaires de devoirs où toute la vie de la famille est impactée. Ce n’est plus le boulot de papa ou maman qui est prenant c’est le boulot des enfants ! Car l’école aujourd’hui c’est un troisième job que vous n’avez pas demandé et qui s’impose à vous si vous êtes un minimum non démissionnaire. C’est se spécialiser pour donner tout ce que l’école ne donne plus. Plus de passerelles ni de ponts du savoir. Que des faits : faites ceci ou cela. Plus de mode d’emploi. Que des polycopiés ou des sites internet ou des liens. Pas ou peu d’entraînements. Que des interros angoissantes. Alors finie l’école avec un grand E. L’école des arts et des lettres. L’école des savoirs et des apprentissages. L’école de l’éveil. L’école de la prise de conscience. L’école de la pédagogie. Aujourd’hui c’est l’école de la vie. Mais de quelle vie parle-t-on ? On parle plus de harcèlement que de programmes. On parle plus de drogues, d’éducation sexuelle que de Ronsard, Verlaine, Hugo, Dumas, Sartre, Zola, Platon, Rousseau, Choferlos de Laclos, Pascal, Barbey d’Aurevilly, Molière, Corneille, Kant et tant d’autres encore. Une étrange école de la vie où l’on se demande si elle prépare vraiment nos enfants à la vie de demain ? En tous les cas, elle leur aura appris que le courage, le sérieux, l’apprentissage, le savoir, l’adversité, le dépassement de soi… offrent la plus belle des choses : la liberté d’être celui ou celle que l’on veut ! Parole de maman. Bravo à mes enfants et à tous les autres qui s’accrochent et qui forcent le respect ! Ils mériteraient de connaître un peu l’école buissonnière !

Barbara Delaroche
Bravo Barbara pour cet état des lieux si vrai.
A transmettre d’urgence à notre future ex ministre de l’éducation, sport, communication 😉 et autres …
Bravo pour ces mots étincelants de vérité. Oui c’est malheureusement le quotidien des enfants et des parents durant toute la scolarité, une souffrance et un poids qui écrasent la famille et étouffent la vie. Comment a-t-on pu en arriver là? L’école doit répondre son rôle d’éducateur de savoir avec joie, plaisir et efficacité, il en est de la survie de nos enfants